En cette Journée internationale des droits des femmes, la Ville de Gatineau souligne la contribution de huit femmes ayant marqué l'histoire de Gatineau, qui sont présentes dans la toponymie de la ville. Découvrez l'histoire de ces figures importantes du patrimoine en l'honneur desquelles les lieux suivants ont été nommés.
Le nom de cette rue rappelle la mémoire de Lyse Daniels-Cesaratto (1946-1988), enseignante et femme d'affaires d'Aylmer originaire de Montréal. Elle emménage dans la région de l'Outaouais dans les années 70 avec ses enfants et son époux qui a obtenu un emploi à Ottawa. Elle insiste auprès de celui-ci pour habiter sur la rive québécoise afin que leurs enfants puissent grandir dans leur langue et leur culture, toutefois elle constate rapidement que la ville d'Aylmer est majoritairement anglophone. En février 1975, par le biais d'une lettre ouverte dans le journal Le Droit, elle lance un cri du cœur à la population d'Aylmer afin de proposer la formation d'un comité destiné à promouvoir l'usage du français.Une trentaine de personnes répondent à son appel; le mouvement Impératif français est créé. Très engagée dans son milieu, elle en assume la présidence jusqu'en 1978. Le mouvement a pour mission de promouvoir l'usage du français à Aylmer. Aujourd'hui, il fait la promotion de la diversité culturelle mondiale afin de maintenir l'influence de la langue française dans le concert des nations. L'organisme remet depuis 40 ans le prix d'excellence Lyse-Daniels pour souligner l'exceptionnelle contribution des lauréats à l'avancement de la culture, de l'identité québécoise et de sa langue.
📸 Collection privée Sonia Cesaratto
Le nom de cette place publique rappelle le souvenir de madame Micheline Lemieux (1951-2021), présidente de l'Association du patrimoine d'Aylmer, infirmière et grande bénévole du secteur d'Aylmer. Née à Buckingham en 1951, Micheline Lemieux travaille d'abord comme infirmière au Pavillon du Parc et au centre Renaissance à Aylmer ainsi que comme enseignante de français langue seconde dans des quartiers défavorisés des provinces maritimes. Membre fondatrice de l'Assemblée des groupes de femmes d'interventions régionales, elle siège pendant 14 ans au conseil d'administration du groupe aujourd'hui appelé Option Femmes Emploi. Micheline Lemieux est membre de l'Association du patrimoine d'Aylmer depuis 1986 et occupe des fonctions de responsable des membres, avant de joindre le conseil d'administration en 2011 et de devenir présidente en 2015. Elle défend les grands dossiers régionaux touchant le patrimoine et l'histoire de la région, particulièrement la protection du patrimoine bâti du Vieux-Aylmer, tout en collaborant à l'organisation de nombreux festivals, activités culturelles et collectes de fonds auprès des organismes du milieu. Cette « grande dame du patrimoine » siège aussi au conseil d'administration du Réseau du patrimoine de Gatineau et de l'Outaouais. Se déplaçant quotidiennement à pied ou à vélo dans les lieux culturels, les parcs, les évènements et les commerces locaux du Vieux-Aylmer, Micheline Lemieux est un véritable pilier de la communauté. Elle reçoit en 2019 un Certificat du patrimoine de la Ville de Gatineau, soulignant sa contribution exceptionnelle à la protection et à la mise en valeur du patrimoine et de l'histoire en Outaouais. Elle décède en mars 2021. Le parc Frank-Robinson du secteur d'Aylmer fut renommé en son nom et le 8 juin 2024 la Ville inaugurait une plaque commémorative en sa mémoire.
📸 Gracieuseté de la famille de Micheline Lemieux
Hélène Duval (1960-1992) est née à Buckingham le 24 avril 1960. Fille de Jacques Duval et d'Adrienne Carpentier, elle fait ses études en techniques policières à l'insu de son père, le lui annonçant seulement lorsqu'elle a son diplôme en main et qu'elle s'apprête à quitter pour l'Institut de police de Nicolet. Le 17 mai 1982, elle réalise son rêve de jeunesse en devenant policière, la première embauchée par la Ville de Hull. Étant la première femme du service, aucun uniforme n'est disponible pour elle à ses débuts. Ses confrères lui prêtent alors des morceaux d'équipement. En peu de temps, elle réussit à gagner la confiance et le respect de ses collègues de travail. Lors de sa trop courte carrière, Hélène Duval travaille au sein des équipes de la patrouille de nuit mise sur pied pour contrer la criminalité sur la promenade du Portage. Elle est reconnue par ses pairs pour son intégrité, pour son immense implication et pour sa grande discrétion au sujet de ses réalisations professionnelles. Toujours à l'emploi de la Ville de Hull, Hélène Duval décède prématurément, le 14 septembre 1992, des suites d'un combat contre le cancer qu'elle menait courageusement depuis 1 an. Le 17 septembre 1992, ses collègues policiers et policières de la Ville de Hull l'honorent lors d'une cérémonie funéraire officielle qui a lieu à la Cathédrale Saint-Joseph. À son décès, 7 autres femmes l'avaient rejointe au sein du corps de police de Hull, côtoyant 122 hommes policiers. Madame Duval est une source d'inspiration pour plusieurs. Aujourd'hui le Service de police de la Ville de Gatineau compte 114 femmes.
📸 Service de police de la Ville de Hull
Fondatrice des Sœurs de la Charité de Bytown (1818-1876). Née en 1818 à L'Assomption, Élisabeth Bruyère enseigne dès l'âge de 16 ans dans une école de rang à Saint-Esprit. Entrée dans la communauté des Sœurs grises de Montréal en 1839, elle y devient religieuse deux ans plus tard et est responsable de la salle des orphelines. Elle n'a que 26 ans lorsqu'en 1845 elle a le mandat de fonder une œuvre à Bytown (Ottawa) à titre de supérieure. Elle met rapidement sur pied une école bilingue, un hôpital et un orphelinat. En 1856, la communauté dirigée par mère Bruyère s'affranchit de la maison mère et prend le nom de Sœurs de la Charité d'Ottawa, mieux connues sous le nom des Sœurs grises de la Croix. Cette congrégation a pour mission l'éducation de la jeunesse, le service aux pauvres et le soin des malades. Les Sœurs de la Charité d'Ottawa ont aussi contribué à l'éducation des jeunes Gatinoises, notamment par la fondation du Collège Saint-Joseph (Hull) en 1869 et du couvent Notre-Dame-de-la-Merci (Aylmer) en 1871. Mère Élisabeth Bruyère décède en 1876, mais la communauté continue de fleurir. Son rayonnement dépasse aujourd'hui le Canada pour atteindre les États-Unis, l'Afrique, le Brésil, Japon et historiquement la Papouasie et Haïti.
📸 Sœurs de la Charité d'Ottawa
Ce nom rappelle le souvenir de Roberta Unwin, née Latimer (1919-2000), citoyenne socialement très engagée au sein de la communauté aylmeroise pendant plusieurs années. Madame Unwin est alors bien connue des enfants en tant que surveillante de dîner dans les écoles locales. Elle s'implique au sein de la Corporation Aydelu, qui avait comme mandat le développement de programmes et d'équipements récréatifs pour la communauté. Infatigable, elle s'implique également dans les campagnes de financement du Club Lions et de la Légion royale canadienne. Bénévole active, elle s'implique dans plusieurs évènements tels la Guignolée et dans de nombreux autres évènements organisés par la Maison communautaire Bruyère d'Aylmer. Elle meurt dans sa ville natale, à la Maison Mathieu-Froment-Savoie, le 14 juin 2000.
📸 Collection privée de la famille
Marguerite Maillé (1831-1909), aussi connue sous le nom de madame Octave Touin dit Rocque, est née le 6 février 1831 à Mascouche. Elle est la première institutrice laïque francophone de Hull. Sa longue et riche carrière s'étend de 1867 à la fin du siècle. Le 11 octobre 1867, elle est engagée par la Commission scolaire de Hull pour enseigner à l'école Saint-Antoine comme professeure d'anglais. Cependant, le 21 avril 1880, l'école Saint-Antoine est détruite par le feu de Sabourin, qui détruit près de 500 maisons, jetant à la rue entre 3 000 et 4 000 personnes. Après la destruction de l'école, Marguerite Maillé enseigne, de 1881 à 1882, à l'école Saint-Étienne pour un salaire de 12 $ par mois, ce qui représente un peu plus de la moitié du salaire d'un homme pour le même poste. Puis, en 1885, elle est transférée à l'école Saint-Georges, rue Montcalm, où, dès juin 1887, son salaire mensuel augmente à 18 $. En 1893, âgée de 62 ans, elle reçoit l'autorisation d'obtenir de l'aide de sa fille, puis en septembre 1897, Albertine Madore est engagée pour l'aider dans ses fonctions. Elle décède le 6 janvier 1909 à l'âge de 77 ans.
📸 Collection iconographique Ville de Hull
Cette rue du secteur de Hull rappelle le souvenir de sœur Éna Charland (1909-2004). Née le 27 septembre 1909 à Sherbrooke, Éna Charland obtient son diplôme élémentaire d'enseignement en 1928 et 3 ans plus tard, à l'âge de 22 ans, elle entre au noviciat chez les Sœurs de la Providence. Sa première affectation en tant que religieuse en est une de préposée aux malades à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Elle occupe ce poste jusqu'à l'obtention de sa licence d'infirmière en 1937. Elle passe les trente années qui suivent à effectuer ses tâches d'infirmière dans différents hôpitaux de la province et en 1967, elle devient assistante à la direction de l'Hôpital du Sacré-Cœur de Hull pour ensuite en devenir la directrice pour 6 ans, de 1968 à 1974. Elle dirige donc cet hôpital inauguré en 1958 qui compte plus de 400 lits pour les patients adultes, une vingtaine de lits pour les malades chroniques, plus de 100 lits pour les élèves-infirmières et une pouponnière qui possède une soixantaine de bassinettes. Pour l'ensemble de sa carrière de directrice dans différentes institutions, elle devient membre émérite de l'Association des administrateurs d'hôpitaux de la province de Québec. Sœur Éna Charland se retire de la vie religieuse en octobre 2001. Elle s'éteint à l'âge de 95 ans, le 19 octobre 2004, à la maison mère des Sœurs de la Providence, à Montréal.
📸 Sœurs de la Providence
Marie-Louise McGregor (1884-1966) est née le 9 octobre 1884 à Mattawa (Ontario). Elle épouse Thomas Bélanger en 1903 à Blind River (Ontario). Peu de temps après, le couple s'établit à Buckingham. Au printemps 1906, les propriétaires de l'usine Maclaren, où travaille Thomas Bélanger, réduisent le personnel de leurs usines. Pour faire valoir leurs droits, les travailleurs forment alors un syndicat; Thomas Bélanger, alors âgé de 26 ans, en devient l'âme dirigeante. En réponse aux revendications du syndicat, les Maclaren décrètent le lock-out et font appel à une agence spécialisée dans la répression ouvrière. Lors d'une escarmouche, le 8 octobre 1906, Thomas Bélanger est tué. Marie-Louise est enceinte de seulement quatre mois lorsqu'elle devient veuve. Après la naissance de son fils, elle quitte Buckingham et demeure tour à tour chez plusieurs membres des familles McGregor et Bélanger. Elle habite notamment à Lewiston (Maine), où elle travaille dans les filatures. Elle rejoint finalement une tante à Cobalt (Ontario), où elle tente de refaire sa vie. Elle se remarie en 1909 avec Joseph Gauthier puis en 1921 avec Dominick Serinack. Elle décède le 21 août 1966 à l'âge de 81 ans à Cochrane en Ontario, laissant derrière elle une nombreuse descendance dans la région de Cochrane.
📸 Collection Pierre-Louis Lapointe
Reconnue pour sa qualité de vie, Gatineau est une ville de 298 000 habitants. Elle est située sur la rive nord de la rivière des Outaouais, et s'étend à l'est et à l'ouest de la rivière Gatineau.