Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Remise de l'Ordre de Gatineau - 28 mai 2014

C'était hier soir la remise de l'Ordre de Gatineau. Voici un extrait de mon discours ainsi qu'une photo avec les récipiendaires de cette année.

«Grâce à leurs actions, qui font rayonner Gatineau bien au-delà de ses frontières, les récipiendaires sont devenus des modèles d’excellence et une source d’inspiration pour toutes et tous.

Je félicite donc chaleureusement les deux récipiendaires de cette année soient :

 

 ·      Monsieur Germain Bisson,

·       Monsieur Gilles Provost.

M. Bisson, est, en quelque sorte, le monsieur Miyagi de l’Outaouais. Tous les passionnés de karaté connaissent ce personnage mythique du cinéma. Dans les films karaté Kid, ce vieil homme agit à la fois comme professeur de karaté et comme mentor qui aide son élève à faire face à la vie. Germain Bisson est beaucoup plus qu’un professeur de karaté. C’est un homme qui transforme les jeunes à qui il enseigne, oui, en vrais karatékas, mais surtout en jeunes hommes et jeunes femmes qui deviennent des meilleurs citoyens, plus solides, plus conscients du respect que les humains se doivent les uns aux autres, grâce à lui, ils sont mieux équipés pour faire face aux défis de la vie. Un ami me disait que quand un jeune de Masson-Angers ou de Buckingham, nous serre la main avec confiance, en nous regardant dans les yeux, les chances sont qu’il soit passé par Karaté Cama. C’est une école qui permet de construire un lien sain et respectueux avec l’autre.

Contrairement à monsieur Myagi qui n’a pas de famille, nous devons souligner ce soir l’engagement de madame Lyne Laroche, l’épouse de M. Bisson. Un projet mené avec autant de rigueur et de passion nécessite un engagement qui touche toute la famille. Instructrice et administratrice du dojo familial, madame Laroche, ainsi que les enfants du couple, sont aussi une des raisons de base du succès de Karaté Cama et de son sensei.

M. Bisson, son équipe et sa famille accordent une importance fondamentale à la pédagogie et au développement personnel de leurs élèves. Je le répète, ces jeunes développent un sens profond du respect et de la rigueur et, en ce sens, la contribution de monsieur Bisson dépasse largement le karaté et consolide toute notre communauté. Merci, M. Bisson.

 

M. Gilles Provost, a été un pionnier du monde du théâtre dans toute la francophonie. Acteur et metteur en scène prolifique, il a aussi été pendant des années le pilier du premier théâtre municipal au Québec. Depuis sa fondation, plus de 200 pièces et spectacles ont été créé au Théâtre de l’Île.  Au cours des années, des milliers de citoyens sont sortis du Théâtre, tantôt le cœur léger d’une soirée divertissante, tantôt l’esprit stimulé après une pièce dérangeante qui nous force à des remises en question. Le théâtre est un instrument puissant pour faire réfléchir, pour divertir, pour améliorer le monde et monsieur Provost a excellé à l’utiliser pour notre avancement collectif.   

Encore une fois, un engagement aussi profond et sur une aussi longue durée entraine dans l’aventure ceux qui nous accompagne dans la vie, ils ont donc le droit de partager un peu cette distinction honorifique. M. Claude Jutras, conjoint de M. Provost, a partagé chaque instant de l’extraordinaire carrière de ce dernier depuis plus de 35 ans. Homme aux talents variés, un indispensable du Théâtre de l’île, il a lui-même fabriqué certains des décors utilisés au Théâtre, mais on lui doit surtout le véritable travail de moine qui a été fait pour archiver des centaines de documents au fil des ans, dont beaucoup ont été déposés aux archives de la ville de Gatineau. Les archivistes de la ville ont même souligné la très grande qualité des documents remis, classés avec beaucoup de minutie et de professionnalisme. Monsieur Jutras aura lui aussi contribué à faire du Théâtre de l’île l’institution respectée qu’elle est aujourd’hui.

On dit qu’accéder à la culture c’est accéder au reste du monde parce que plus on se cultive, que ce soit par les livres ou par la musique, plus on est curieux de découvrir la culture des autres, la culture est une passerelle entre les peuples. Mais d’abord, accéder à la culture c’est aussi accéder à ce que nous sommes. Par son œuvre au théâtre, monsieur Provost a laissé sa marque dans l’esprit collectif, il aura contribué à construire l’Outaouais d’aujourd’hui, un Outaouais qui a une identité qui s’est raffermit et qui rayonne plus que jamais.

Il aura aussi permis à plusieurs générations d’acteurs amateurs de vivre des expériences qui les auront transformés autant professionnellement que personnellement.  

Monsieur Provost aura également laissé sa marque dans nos choix politiques. Si aujourd’hui nous travaillons à faire de l’axe Montcalm un pôle culturel qui fera vibrer Gatineau, et où l’on attirera d’autres lieux de création et de diffusion, c’est en grande partie grâce à son travail. J’ajouterais en terminant, que si Gatineau a gardé le cap sur la culture même dans les années ou, dans le monde municipal, ce n’était pas tout à fait une priorité, c’est en grande partie grâce à lui et nous lui en sommes profondément reconnaissants.

Merci, monsieur Provost.»


 

Les commentaires sont clos