Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Jour 127 (30 mai)

7h, déjeuner avec mon attaché politique pour préparer la journée. Cérémonie d'ouverture du congrès. Visite du salon des entreprises. Bonne discussion sur des outils informatiques de consultation budgétaire et sur des logiciels de gestion de données (pour économiser en infrastructure informatique). Rencontres diverses : gens de Casselman, gens rencontrés à l'UMQ, plusieurs maires du caucus des grandes villes que j'avais rencontré en février. Brève rencontre avec Justin Trudeau, on tentera de se voir à Ottawa ou à Gatineau. En pm, j'assiste à une conférence sur la situation politique entre les villes et le gouvernement fédéral, puis au discours du chef libéral. Travail à la chambre d'hôtel, puis réception pour les francophones.

Renée Wilkin à la soirée de l'Ordre de Gatineau - 28 mai 2014

Petit ajout à l'album photo de la soirée des remises de l'Ordre de Gatineau, j'ai eu la chance de rencontrer Renée Wilkin, qui nous a offert toute une performance! Une autre personne talentueuse qui fait rayonner Gatineau.

 

Jour 126

Soir de deuil. Moment de silence pour le Canadien. On se reprendra, mais ça fait mal.
Ce matin, arrivée tôt à la STO pour le conseil d'administration. Rencontre préparatoire à huis clos, puis conseil devant de nombreux journalistes et plusieurs citoyens. On annonce des améliorations de service importantes dans Templeton, Carrefour de l'hôpital, secteur Fournier, ainsi que l'arrivée d'autobus qui permettront de réduire le nombre d'autobus pleins (qui passent tout droit) dans Aylmer et sur le Plateau. Les détails sont sur le site de la STO. Point de presse, puis, à midi, départ pour l'aéroport d'Ottawa, atterrissage à Toronto, voiture jusqu'à Niagara, entrevue au 104,7 et inscription au congrès de la Fédération canadienne des municipalités. Apéritif avec les maires des grandes villes canadiennes (Gatineau est 18e au Canada), discussions avec des employés de la FCM, et avec plusieurs élus. Le congrès commence à fond demain. Match. Tristesse. Dodo.

Remise de l'Ordre de Gatineau - 28 mai 2014

C'était hier soir la remise de l'Ordre de Gatineau. Voici un extrait de mon discours ainsi qu'une photo avec les récipiendaires de cette année.

«Grâce à leurs actions, qui font rayonner Gatineau bien au-delà de ses frontières, les récipiendaires sont devenus des modèles d’excellence et une source d’inspiration pour toutes et tous.

Je félicite donc chaleureusement les deux récipiendaires de cette année soient :

 

 ·      Monsieur Germain Bisson,

·       Monsieur Gilles Provost.

M. Bisson, est, en quelque sorte, le monsieur Miyagi de l’Outaouais. Tous les passionnés de karaté connaissent ce personnage mythique du cinéma. Dans les films karaté Kid, ce vieil homme agit à la fois comme professeur de karaté et comme mentor qui aide son élève à faire face à la vie. Germain Bisson est beaucoup plus qu’un professeur de karaté. C’est un homme qui transforme les jeunes à qui il enseigne, oui, en vrais karatékas, mais surtout en jeunes hommes et jeunes femmes qui deviennent des meilleurs citoyens, plus solides, plus conscients du respect que les humains se doivent les uns aux autres, grâce à lui, ils sont mieux équipés pour faire face aux défis de la vie. Un ami me disait que quand un jeune de Masson-Angers ou de Buckingham, nous serre la main avec confiance, en nous regardant dans les yeux, les chances sont qu’il soit passé par Karaté Cama. C’est une école qui permet de construire un lien sain et respectueux avec l’autre.

Contrairement à monsieur Myagi qui n’a pas de famille, nous devons souligner ce soir l’engagement de madame Lyne Laroche, l’épouse de M. Bisson. Un projet mené avec autant de rigueur et de passion nécessite un engagement qui touche toute la famille. Instructrice et administratrice du dojo familial, madame Laroche, ainsi que les enfants du couple, sont aussi une des raisons de base du succès de Karaté Cama et de son sensei.

M. Bisson, son équipe et sa famille accordent une importance fondamentale à la pédagogie et au développement personnel de leurs élèves. Je le répète, ces jeunes développent un sens profond du respect et de la rigueur et, en ce sens, la contribution de monsieur Bisson dépasse largement le karaté et consolide toute notre communauté. Merci, M. Bisson.

 

M. Gilles Provost, a été un pionnier du monde du théâtre dans toute la francophonie. Acteur et metteur en scène prolifique, il a aussi été pendant des années le pilier du premier théâtre municipal au Québec. Depuis sa fondation, plus de 200 pièces et spectacles ont été créé au Théâtre de l’Île.  Au cours des années, des milliers de citoyens sont sortis du Théâtre, tantôt le cœur léger d’une soirée divertissante, tantôt l’esprit stimulé après une pièce dérangeante qui nous force à des remises en question. Le théâtre est un instrument puissant pour faire réfléchir, pour divertir, pour améliorer le monde et monsieur Provost a excellé à l’utiliser pour notre avancement collectif.   

Encore une fois, un engagement aussi profond et sur une aussi longue durée entraine dans l’aventure ceux qui nous accompagne dans la vie, ils ont donc le droit de partager un peu cette distinction honorifique. M. Claude Jutras, conjoint de M. Provost, a partagé chaque instant de l’extraordinaire carrière de ce dernier depuis plus de 35 ans. Homme aux talents variés, un indispensable du Théâtre de l’île, il a lui-même fabriqué certains des décors utilisés au Théâtre, mais on lui doit surtout le véritable travail de moine qui a été fait pour archiver des centaines de documents au fil des ans, dont beaucoup ont été déposés aux archives de la ville de Gatineau. Les archivistes de la ville ont même souligné la très grande qualité des documents remis, classés avec beaucoup de minutie et de professionnalisme. Monsieur Jutras aura lui aussi contribué à faire du Théâtre de l’île l’institution respectée qu’elle est aujourd’hui.

On dit qu’accéder à la culture c’est accéder au reste du monde parce que plus on se cultive, que ce soit par les livres ou par la musique, plus on est curieux de découvrir la culture des autres, la culture est une passerelle entre les peuples. Mais d’abord, accéder à la culture c’est aussi accéder à ce que nous sommes. Par son œuvre au théâtre, monsieur Provost a laissé sa marque dans l’esprit collectif, il aura contribué à construire l’Outaouais d’aujourd’hui, un Outaouais qui a une identité qui s’est raffermit et qui rayonne plus que jamais.

Il aura aussi permis à plusieurs générations d’acteurs amateurs de vivre des expériences qui les auront transformés autant professionnellement que personnellement.  

Monsieur Provost aura également laissé sa marque dans nos choix politiques. Si aujourd’hui nous travaillons à faire de l’axe Montcalm un pôle culturel qui fera vibrer Gatineau, et où l’on attirera d’autres lieux de création et de diffusion, c’est en grande partie grâce à son travail. J’ajouterais en terminant, que si Gatineau a gardé le cap sur la culture même dans les années ou, dans le monde municipal, ce n’était pas tout à fait une priorité, c’est en grande partie grâce à lui et nous lui en sommes profondément reconnaissants.

Merci, monsieur Provost.»


 

Jour 125

Comité exécutif léger ce matin (webdiffusé) et court point de presse sur les sujets du jour. Le reste de la matinée est consacré à finaliser le discours du soir et à discuter avec l'équipe du cabinet sur les dossiers en cours. Diner-rencontre avec cinq profs/administrateurs de l'UQO pour échanger sur les collaborations possibles avec l'UQO. Certains des profs m'ont enseigné à la maîtrise, je les retrouve pour la première fois depuis que j'ai un nouveau rôle, la conversation est stimulante. En pm, rencontre avec le Regroupement des associations de personnes handicapées de l'Outaouais (RAPHO), on discute des difficultés d'inclusion dans les divers aspects de la vie municipale. Je suis accompagné de la conseillère Denise Laferrière, elle a toujours défendu cette cause avec ardeur. Rencontre avec les dirigeants d'une entreprise de Gatineau, puis rencontre avec Gilles Carpentier sur la STO, pour préparer le conseil de demain. Souper avec mon directeur de cabinet, puis la soirée est consacrée à la remise des médailles de l'Ordre de Gatineau. Nous avons deux nouveaux grands Gatinois, monsieur Gilles Provost et monsieur Germain Bisson, ils font honneur à notre ville.

Jour 124

Ce matin, rencontre au Parlement avec les ministres fédéraux John Baird et Denis Lebel. C'est une première rencontre depuis l'élection. On aborde notamment la question des infrastructures municipales, celle du transport en commun et de l'aéroport. Ensuite rencontre des élus (webdiffusée) sur le projet Jacques-Cartier, sur le projet des chemins d'eau. Conseil spécial où l'on octroie le contrat pour Jacques-Cartier et où l'on adopte une résolution sur l'industrie forestière. La journée se termine avec une rencontre avec Gilles Carpentier sur la STO.

Jour 123

Rencontre d'équipe au cabinet. On tente de reprendre le petit retard accumulé à cause de ma présence à l'UMQ. Tonne de documents à signer. C'est d'autant plus important de le faire que je quitte jeudi pour la rencontre de la Fédération canadienne des municipalités. Participation au lancement officiel de la construction du siège social de Énergie renouvelable Brookfield, au centre-ville. C'est 400 emplois qui s'y installent, une excellente nouvelle. On continue la rencontre d'équipe pour préparer les jours à venir. Diner et conseil d'administration de Développement économique-CLD Gatineau. Rencontre du lundi avec la direction générale sur divers sujets.

Jour 122 (samedi)

Dernière journée des assises de l'UMQ. Assemblée générale (plus haute instance de l'UMQ). Après adoption par l'atelier où je l'ai présentée, la résolution sur les frais de croissance est référée au conseil d'administration. Plusieurs maires m'interpellent pour avoir copie de nos documents, l'intérêt est grand. On me félicite constamment pour l'accueil des gens de Gatineau et pour la beauté de la ville. En matière de contenu, ça aura été un congrès important pour les villes, il marquera le monde municipal. En pm, je fais le ménage de ma chambre (notre quartier général), on ramasse les documents, l'imprimante, etc. Je revois mon discours pour le gala du soir. Vers 17h, rencontre de l'exécutif et des élus qui fêtent leur 20 ans de vie politique. Au gala, petite allocution et remise de prix. Une belle vidéo présente encore une fois Gatineau aux invités. J'ai la chance d'être assis avec Éric Forest, ancien président, Suzanne Roy, nouvelle présidente et Claude Dauphin, président de la Fédération canadienne des municipalités dont le congrès est... cette semaine.

Jour 121

Lever à l’aube, le premier ministre arrivera autour de 7h. Entrevues avec TVA national et Radio-Canada national. L’exécutif du conseil d’administration de l’UMQ accueille le premier ministre dans un petit salon, il est accompagné du ministre des affaires municipales et des députés de la région. Je lui souhaite la bienvenue à Gatineau, il fait lentement le tour de toutes les personnes présentes, puis nous quitte, je crois, pour aller faire des entrevues. Un groupe d’une vingtaine de personnes reste et échange avec le ministre Moreau pendant une bonne demi-heure. C’est une belle rencontre où l’on se parle franchement des attentes des uns et des autres. On entreprend le plus grand chantier municipal depuis des années avec beaucoup de bonne volonté et d’enthousiasme, autant de la part du ministre que des maires. Ensuite déjeuner, je suis à la table d’honneur aux côtés de Marc Carrière, député de Chapleau, de la présidente de l’UMQ et du ministre Moreau. Le discours du premier ministre est stimulant, tout comme celui du ministre Moreau. On sent une volonté réelle d’agir. En pm, je fais encore quelques entrevues et je participe à l’atelier sur le salaire des élus. Pause de congrès, la direction du Festival des montgolfières vient me rencontrer pour un enjeu local. Ensuite rencontre stimulante avec Richard Ryan, un élu de Montréal passionné de vélo et artisan de la relance économique d’un vieux quartier industriel notamment grâce aux artistes. Petite pause pour discuter avec mon directeur de cabinet de ma réaction au communiqué des élus indépendants. Les discussions de corridors sont aussi un aspect important d’un congrès comme celui-ci. Discussion avec Jocelyn Blondin et le maire de Sherbrooke sur les partenariats possibles entre une université et une ville. Discussion avec des élus de Laval à propos de notre centre sportif. Certains le visite le jour même, d’autres reviendront à Gatineau juste pour ça. Discussions avec des élus sur la relation entre les équipes au pouvoir et l’opposition. Beaucoup d’échange sur les frais de croissance, plusieurs villes sont très intéressées. J’accueille Bernard Derome qui vient faire une conférence. Il a longtemps habité à Hull, nous sommes seuls au salon pour plusieurs minutes, c’est une belle rencontre. Ensuite, cocktail avec tous les délégués, je retrouve les élus de Gatineau et on rit beaucoup, c’est vendredi et nous commençons à nous détendre.

Lettre ouverte au Devoir - Une occasion historique à saisir

Voici le texte paru ce matin dans Le Devoir:

Une occasion historique à saisir

 

Il est rare pour un premier ministre d’avoir l’occasion de transformer profondément un domaine de l’activité humaine. Grâce au travail qu’a fait l’UMQ depuis quelques années, Philippe Couillard a cette chance avec le monde municipal. Il a l’occasion de, ni plus ni moins, refonder les municipalités du Québec et ainsi faire d’elles les moteurs de développement économique et social dont nous avons besoin.


Parce qu’elles ont une proximité unique avec le citoyen, les villes sont devenues un palier de gouvernement incontournable. En quelques décennies, les villes sont devenues le lieu de la création de la richesse, malheureusement aussi le lieu de la pauvreté, elles sont les principaux diffuseurs de culture, elles sont la source principale de l’offre en loisirs et en sport. Elles agissent en matière de développement économique, elles sont souvent les mieux placées pour influencer le développement social, notamment l’accueil des immigrants ou encore le vieillissement de la population. Elles sont idéalement des partenaires de tous les instants du monde de l’éducation, du CPE à l’université.


Les travaux récents de l’Union des municipalités du Québec lui ont permis de faire deux constats : il n’est plus pensable de camper les villes dans leur rôle traditionnel de services à la propriété ; conséquemment, le cadre légal et fiscal dans lequel elles évoluent freine leur développement et celui de tout le Québec. Dans toutes sortes de domaines, les villes sont plus que jamais les mieux placées pour agir, mais elles n’ont pas les outils pour le faire. Nous sommes devant des F1 du développement économique et social qui n’auraient pas de piste où s’exprimer.


À Gatineau, l’impôt foncier constitue 87 % des revenus municipaux. Cette taxe est à la fois insuffisante et inadéquate. Insuffisante parce qu’elle n’arrive plus à couvrir les besoins des villes, autant les besoins de rattrapage en infrastructure que l’amélioration des services à la personne (comme l’amélioration des bibliothèques et le soutien au développement économique), et inadéquate parce qu’elle a des effets pervers : étalement urbain, iniquité fiscale, recherche de la croissance à tout prix, etc. L’impasse fiscale municipale est profonde et nous empêche de préparer l’avenir.


Il n’est pas normal qu’une ville comme Gatineau, en 2014, doive faire approuver chacun de ses règlements d’emprunt par Québec,  doive soumettre jusqu’à des plans et devis de construction pour avoir accès à des subventions ou même ne puisse décider elle-même de mettre ses avis publics uniquement sur Internet. Les villes sont entrées dans la modernité, il est temps de redéfinir leurs rapports avec Québec. Le carcan dans lequel nous évoluons actuellement est d’une lourdeur administrative hallucinante et la tutelle objective qui nous est imposée est injustifiable en regard des responsabilités qui nous incombent. Nos conseils municipaux sont dûment élus, ils rendent des comptes, les grandes villes se rapportent à des vérificateurs généraux, sans parler des médias qui nous suivent de très près. Oui, comme les gouvernements de Québec et d’Ottawa, nous avons notre part de dérapages, mais les mécanismes de surveillance s’améliorent continuellement et il est temps de mettre fin à la tutelle effective qui nous empêche d’avancer.


Depuis quatre ans, l’Union des municipalités du Québec a fait un travail immense de réflexion sur l’avenir et les solutions pour relancer les villes sont maintenant connues. Nous savons que le rattrapage qu’elles doivent faire en matière d’infrastructures plombe leur finance et leur coupe les ailes. Nous savons que la relance des villes passe par une réforme de leur fiscalité. Nous savons que la relance des villes passe par l’adoption d’une Charte des municipalités qui leur permettrait d’agir librement dans leur domaine de compétence tout en exigeant qu’elles rendent des comptes. Ce n’est pas un hasard si le thème des assises est: « Maintenant! ». Fini les comités, il faut agir. Nous sommes à un moment charnière, un moment de l’histoire du monde municipal que le nouveau gouvernement a la possibilité de rendre historique.


M. Couillard sera à Gatineau vendredi. Durant la campagne électorale et au moment de son assermentation, il s’est avancé assez clairement dans le sens de ces réformes importantes. Les villes du Québec sont réunies sur la ligne de départ et elles n’attendent que le coup d’envoi pour travailler à ce chantier important. Le signal doit venir vendredi, c’est dans l’intérêt de tout le Québec.   


Maxime Pedneaud-Jobin
Maire de Gatineau
Depuis mercredi, Gatineau est l’hôte des assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).