Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Discours d'ouverture - Sommet du vivre-ensemble

Voici le texte de mon discours prononcé ce matin en ouverture du premier Sommet sur le vivre-ensemble à Gatineau.

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Bonjour à vous toutes, bonjour à vous tous,

Je veux d’abord prendre le temps de tous vous remercier d’être ici. Élus, représentants d’organismes, partenaires, citoyens, merci d’avoir répondu en si grand nombre et de prendre votre journée pour venir réfléchir avec nous. De vous voir tous réunis ici aujourd’hui pour parler de Gatineau, c’est déjà, en quelque sorte, un succès de vivre-ensemble.

Je veux aussi remercier les membres du comité organisateur qui travaillent à l’organisation de cette journée depuis plusieurs mois et qui ont été appuyés par toute l’équipe municipale. Merci également à tous nos employés qui ont réussi à livrer le projet malgré les délais courts.

Par ailleurs, nous ne serions pas ici si des gens avant nous n’avaient pas défriché le terrain du vivre-ensemble. Il y a quelqu’un dans la salle qui a mérité l’Ordre de Gatineau précisément pour son engagement envers le rapprochement des communautés culturelles et dont je me permets de souligner la présence puisque c’est son anniversaire : Mireille Apollon, pionnière gatinoise du rapprochement entre les communautés.

Le défi du vivre-ensemble est un des défis les plus importants de nos sociétés. C’est un défi parce que le monde change, qu’il change vite, et que ces changements touchent à la fois ce que nous sommes individuellement et collectivement. Nous vivons, dans le monde, dans nos nations, dans nos quartiers, dans nos maisons, des tensions souvent importantes. Des identités sexuelles autrefois ignorées, sinon rejetées, s’affirment avec force. La relation entre la religion et l’État fait encore aujourd’hui controverse un peu partout dans le monde. Il y a de plus en plus de diversité culturelle dans chacun de nos quartiers. Les Premiers Peuples réclament justice. Les défis linguistiques et identitaires auxquels le Québec doit faire face demeurent. Je le répète, tous ces défis interpellent à la fois ce que nous sommes individuellement et collectivement, et c’est pourquoi ils sont si complexes à relever.

Gatineau vit, elle aussi, ces changements. Pendant des siècles, elle a été un lieu de passage des Premiers Peuples. Au tournant du 19e siècle, des Américains, des Anglais et des Français, à force de travail dans un climat souvent hostile, ont commencé à construire ce qui s’appelle aujourd’hui Gatineau, une ville belle, riche, paisible. Pendant deux siècles, et encore aujourd’hui, l’immense majorité de la population est restée francophone et catholique, même si elle pratique peu de nos jours. Aujourd’hui, notre visage change, des gens de partout ailleurs au Québec, au Canada et dans le monde s’installent chez nous.

La ville de Gatineau d’aujourd’hui fait aussi partie du Québec, un État qui se distingue du reste de l’Amérique du Nord par sa langue et sa culture d’abord, mais également parce qu’il est l’endroit du continent où les écarts entre les riches et les pauvres est le plus faible, où il y a le moins de pauvreté chez les enfants, où l’adoption internationale est la plus forte, où l’égalité hommes-femmes est la plus grande, notamment au foyer et au travail, où il y a le moins de violence et où – et c’est peut-être le plus important –, de sondage en sondage, les gens se disent les plus heureux du continent.

Le contexte de changement que nous vivons chez nous, le contexte international, le contexte d’événements tragiques comme celui de la grande mosquée de Québec, pas si loin de chez nous, mettent notre modèle de vivre-ensemble à l’épreuve. Oui, nous devons nous adapter au monde d’aujourd’hui, mais nous voulons aussi protéger ce que nous avons de beau, de réussi. Et c’est là notre défi.

Amin Maalouf, auteur français membre de l’Académie française, originaire du Liban, exprime assez bien, dans la citation suivante tirée de son livre intitulé Les Identités meurtrières, les positions extrêmes qui nous menacent, mais qui illustrent bien le défi du vivre ensemble :

« En matière d’immigration, dit-il, la première de ces conceptions extrêmes est celle qui considère le pays d’accueil comme une page blanche où chacun pourrait écrire ce qu’il lui plaît, ou, pire, comme un terrain vague où chacun pourrait s’installer avec armes et bagages, sans rien changer à ses gestes ni à ses habitudes. L’autre conception extrême est celle qui considère le pays d’accueil comme une page déjà écrite et imprimée, comme une terre dont les lois, les valeurs, les croyances, les caractéristiques culturelles et humaines auraient déjà été fixées une fois pour toutes, les immigrants n’ayant plus qu’à s’y conformer. »

Ce que cette citation illustre parfaitement, c’est que la nécessité d’ouverture n’est pas à sens unique. Dans l’expression vivre-ensemble, il y a l’incontournable mot « ensemble ».

Gatineau possède une longue tradition d’accueil. L’ancienne Ville de Hull a été la première au Québec à se donner un responsable des relations interculturelles et Gatineau a été la première à se donner une politique en matière de diversité culturelle en 2008, nous avons une culture de concertation forte en matière d’immigration, nous n’avons pas particulièrement de ghetto, et j’en passe. Notre modèle d’accueil est d’ailleurs jugé assez favorablement à l’intérieur et à l’extérieur de Gatineau.

Mais c’est souvent quand ça va bien qu’il est le plus productif – et le plus facile – de parler d’enjeux difficiles.

Ce que le monde municipal peut offrir mieux que n’importe quel autre gouvernement, ce sont des lieux de discussion où l’on parle de vivre-ensemble pour vrai. Je suis profondément convaincu que les débats sur les normes à adopter, sur les choix de société à faire seraient plus sereins, non pas plus faciles, mais plus sereins si nous nous connaissions mieux. Ce genre de dialogue est possible au niveau local parce que le niveau local est à échelle humaine, aussi parce qu’il est un peu plus loin de l’hystérie médiatique qui accompagne systématiquement ces débats.

Le Sommet d’aujourd’hui a donc trois objectifs principaux :
1. Faire un état des lieux du vivre-ensemble à Gatineau.
2. Cibler ce qui doit être amélioré, préservé.
3. Déterminer plus concrètement quel devrait être notre plan d’action pour l’avenir.

Je voulais faire une série de mise en garde, je n’en ferai qu’une seule.

Les discussions sur le vivre-ensemble portent malheureusement souvent, sinon essentiellement, sur des symboles bien loin de la réalité sur le terrain, parfois au point où l’on en oublie l’essentiel. L’essentiel, c’est la capacité de communiquer, de s’entraider, de se réaliser individuellement et collectivement, c’est, comme le dirait l’auteur québécois Akos Verboczy, d’arriver à l’état de relation humaine où l’on ne se demande plus d’où l’on vient, mais où l’on va ensemble. Aujourd’hui, il nous faut donc éviter le piège des symboles.

Comprenez-moi bien, pour prendre un exemple dans l’actualité, des débats comme celui sur le port du hijab dans la police ont une importance réelle : ils nous permettent d’incarner dans des choix précis le type de société dans laquelle nous voulons vivre. Oui, il nous faut des normes, chaque société doit se définir. Mais on est loin, très loin, de la réalité sur le terrain.

Loin des pères et des mères de famille qui veulent se sentir en sécurité à la mosquée, loin des immigrants isolés qui voudraient se faire inviter à une fête de quartier, loin des gens nés ici qui voient leur ville changer et qui veulent mieux comprendre et mieux influencer ce qui se passe, loin des gens qui ont mené des batailles sur la laïcité, sur l’équité hommes-femmes, et qui ne veulent pas devoir les refaire, loin du simple bon sens qui nous dit que pour que nous puissions faire des choix intelligents et respectueux des uns et des autres, nous devons d’abord nous connaître les uns les autres.

J’espère qu’aujourd’hui, nous saurons nous ouvrir les uns aux autres, proposer des moyens de favoriser la connaissance que nous avons de nos voisins. J’espère que les conversations porteront sur les meilleurs moyens de vivre ensemble, pas sur certains symboles qui, quoiqu’importants, nous empêchent souvent de vraiment nous parler.

Aujourd’hui, je circulerai parmi vous pour vous entendre. Maude Marquis-Bissonnette, conseillère municipale du district du Plateau, fera de même. Le sujet du vivre-ensemble l’intéresse depuis longtemps, elle fait des recherches doctorales sur le sujet et elle agira comme mon bras droit sur cette question pour tout le présent mandat. Nous nous engageons à donner des suites aux discussions d’aujourd’hui, mais nous avons besoin de vos conseils. Chaque idée, chaque suggestion, chaque meilleure pratique proposée a sa place et doit être notée. La rencontre d’aujourd’hui doit nous permettre de réfléchir, d’échanger, mais surtout, elle doit être orientée vers la rédaction d’un plan d’action de Gatineau pour le vivre-ensemble.

Je conclurai en citant mon père, un homme qui a travaillé la plus grande partie de sa vie en coopération internationale. Il a toujours eu des réserves importantes quant au proverbe qui dit que si on veut aider quelqu’un, il ne faut pas lui donner de poisson, mais plutôt lui apprendre à pêcher. Mon père m’a toujours dit qu’il manque une étape au proverbe, qu’avant de se mêler de la vie de l’autre, avant de prétendre lui apprendre quoi que ce soit, lui imposer quoi que ce soit, même démocratiquement, il faut d’abord et avant tout devenir son ami.

En jasant aujourd’hui, prenez aussi le temps de devenir des amis. Ça ne règle pas tous les problèmes, mais c’est le moyen le plus sûr de commencer à mieux vivre ensemble.

Merci !

 

Discours prononcé lors de la Commémoration citoyenne des victimes de la mosquée de Québec

Voici le discours que j'ai prononcé ce soir à la Commémoration citoyenne des victimes de la mosquée de Québec:

Bonsoir,

Khaled Belkacemi...
Azzeddine Soufiane

Abdelkrim Hassane
Aboubaker Thabti

Mamadou Tanou Barry
Ibrahima Barry

Ce sont les noms des victimes de la tuerie de Québec.

Ils étaient tous pères de famille, ils laissent six veuves et 17 enfants derrières eux.

Leur mort est insensée, injuste, elle nous attriste profondément et elle nous met en colère.

Si la mort de ces six hommes, de ces six pères de famille est insensée elle ne doit pas, en plus, être inutile.

Leur mort nous donne donc, à tous et à toutes, des responsabilités.

Ne pas agir serait leur manquer de respect, manquer de respect à leurs enfants.

Il y a des changements que nous apportons déjà, il y en a que nous devrons apporter encore dans l’avenir.

Aujourd’hui entre en vigueur le registre québécois des armes à feu.
C’est un geste utile.

Avant la fin de cette année, nous aurons terminé la formation de tous les policiers de Gatineau sur les mécanismes de la radicalisation et sur les interventions possibles.
Cela aussi, c’est utile.

Mais s’il est nécessaire d’investir dans la sécurité, elle ne constitue pas une réponse durable au défi auquel nous sommes confrontés. Il nous faut aussi parler de ce que nous sommes les uns et les autres, de nos valeurs, de nos idées, de nos pratiques et du genre de société dans laquelle nous voulons vivre, ensemble, dans l’harmonie et le respect.

En avril, nous tiendrons un premier sommet gatinois sur le vivre ensemble. Ce forum servira à améliorer la connaissance que nous avons des uns et des autres et à améliorer notre culture d’accueil.

Ce ne sera qu’un point de départ, mais je tiens à ce qu’au sortir de ce forum, Gatineau se donne des moyens permanents de favoriser le vivre ensemble, d’assurer un dialogue permanent entre les gatinois et, avec l’aide de tous, les moyens de prévenir les drames.

Comme le député Fergus me le disait récemment, les discours haineux existent, il faut leur répondre, mais leur répondre par notre propre discours, un discours rassembleur qui admets nos différences, qui rejette le repli sur soi, et qui souligne notre volonté de vivre non pas à côté les uns des autres, mais vraiment ensemble.

(en français, puis arabe)

Chers amis, la communauté gatinoise au complet est en deuil. Votre deuil est le nôtre. Ensemble, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce drame ait au moins servi à faire de Gatineau une ville meilleure.

Asdiqai Al-Aizza, Inna Mujtama’a Gatineau Bi-Akmalihi Fi Hidad.
Inana noucharikoukoum wa nouwasikoum Hatha Al-Hidad. Thoumma Inana sawfa naf’aal kul ma fi wous’ina lidamani ana hathihi alma’asat qad ja’aalat ‘ala al’aqal min Gatineau madinatan Afdal.

Merci, bon courage.

Budget 2018 adopté

Budget 2018 adopté, investissements stratégiques pour améliorer la qualité de vie: sécurité dans les corridors scolaires, piscines et jeux d'eau, revitalisation des anciens cœurs urbains et de notre centre-ville, et plusieurs autres. On poursuit aussi notre rattrapage massif dans les infrastructures et l'amélioration de nos façons de faire.

Tous les détails dans mon discours ici: https://goo.gl/JVe9Jm

 

Discours lors du conseil municipal

Discours lu lors du conseil municipal:

Monsieur le président, permettez-moi de transmettre un message aux Gatinois.

Depuis qu’elle existe, Gatineau n’avait jamais traversé une crise aussi grave. Et ce n’est pas fini. Des centaines de personnes sont au travail pour nettoyer leur maison, pour sauver ce qui peut l’être, sauver des souvenirs, des biens, mais aussi trop souvent sauver l’investissement d’une vie.

Nous devons donc continuer à prendre le temps de remercier les milliers de personnes qui se sont levées pour aider un voisin, une amie, un concitoyen et qui sont encore mobilisés. Permettez-moi de profiter du conseil de ce soir pour le faire un peu, même si le travail continue.

Je tiens d’abord à souligner la formidable mobilisation des citoyens et des entreprises d’ici. En mon nom et au nom de tout le conseil, je tiens à dire merci à l’ensemble des Gatinois, petits et grands, jeunes et moins jeunes qui ont fait leur part, à la mesure de leurs moyens. Vous avez démontré une fois de plus votre générosité, votre altruisme, votre amour pour votre communauté. Non, notre époque n’en est pas une où l’individualisme règne en maître, ça aussi vous l’avez démontré.

Comme maire je tiens à remercier directement les employés municipaux de tous les services et de tous les niveaux hiérarchiques. Toute la force municipale a été mise au service des gens. Vous n'avez pas compté vos heures, et vous êtes encore au travail. Durant les dernières semaines, vous avez ajouté de la noblesse au titre de fonctionnaire.

Il est rare, dans une vie politique, d’avoir aussi fortement l’impression de porter la responsabilité de l’avenir d’une rue, d’un quartier, d’une ville. Les élus de tous les paliers de gouvernement, et le nôtre d’abord, ont fait des choix, pris des décisions et nous en ferons le bilan. Nous avons tous passé les dernières semaines avec les gens, à notre poste, à aider notre monde. Le conseil municipal au complet a fait sa part, parfois plus que sa part, les députés provinciaux et les députés fédéraux également. Gatineau et l’Outaouais peuvent être fières de leurs élus.

Ce que nous avons traversé, et ce que nous traversons encore, est une catastrophe dont nous nous souviendrons tous longtemps, mais je suis convaincu que nous pouvons déjà dire que Gatineau en sortira plus forte. De Aylmer à Masson, des gens ont aidé leurs voisins, leurs amis, et le plus souvent en ayant à leurs côtés de purs étrangers, des gens qui n’avaient en commun que la volonté de s’aider les uns les autres à être plus forts que l’eau.

On dit souvent que Gatineau est la 4e ville du Québec, depuis un mois, c’est faux. Pour l’entraide, pour la détermination, pour le service public, Gatineau a démontré qu’elle est clairement la plus grande. Bravo, et on continue.

Maxime Pedneaud-Jobin
Maire de Gatineau

(Nous aurons l’occasion, dans les prochains jours, de remercier formellement les Forces armées)

Mise à jour du 9 mai 2017

Voici la mise à jour faite à 15h30 aujourd'hui. L'eau se retire graduellement dans la plupart des secteurs mais nous restons vigilants. Avec la réouverture sur 2 voies de l'autoroute 50 en direction Ouest, la plupart des gens seront de retour au travail demain, mais il faut s'attendre à des heures de pointe difficiles: privilégiez donc le travail à la maison si vous le pouvez, le transport collectif (gratuit toute la semaine sur le réseau de la STO), le covoiturage, ou évitez les heures de pointe.

https://www.facebook.com/villegatineau/videos/10154919237049843/

 

Mise à jour du 7 mai.

https://www.facebook.com/villegatineau/videos/10154913502934843/

Conférence de presse du 6 mai

https://www.facebook.com/villegatineau/videos/10154910418929843/

Cérémonie - 1er anniversaire de l’arrivée des premières familles de réfugiés syriens

Cérémonie - 1er anniversaire de l’arrivée des premières familles de réfugiés syriens
Voici la version intégrale du discours que j’avais préparé pour la cérémonie de samedi dernier. La présence de plusieurs enfants et leur hâte de voir le film (la raison pour laquelle ils étaient venus!) m’avaient incité à raccourcir un peu sur place... ---
 
 
Bonjour,
 
Forsa Saïda! (Je suis ravi de vous rencontrer.)
 
Je suis heureux d’être des vôtres aujourd’hui, car, pour la plupart d’entre vous, c’est la première fois que j’ai le plaisir officiellement, à titre de maire de cette ville, de venir vous saluer depuis votre arrivée à Gatineau.
 
J’ai eu le privilège de rencontrer la première famille de réfugiés syriens arrivée chez nous. C’était il y a un an de cela, le 6 janvier 2016.
 
Je me réjouis de souligner avec vous ce premier anniversaire de l’arrivée à Gatineau de la famille de Walid Dablan et de sa conjointe Sahar.
 
À tous les nouveaux arrivants syriens, je vous souhaite la bienvenue à Gatineau! Une nouvelle année commence. Je vous offre mes meilleurs vœux de paix, de santé, de joie, d’amitié et de succès pour 2017.
 
Permettez-moi de vous dire à quel point les conseillers municipaux de Gatineau et moi-même sommes heureux que vous soyez parmi nous.
Vous venez d’une région du monde qui peut difficilement être plus différente de la nôtre. Le climat actuel illustre cette différence avec assez d’éloquence. Nous sommes d’ailleurs très fiers que les gens qui sont venus avant nous aient réussi à construire une société aussi belle, et riche, dans un environnement capable d’être aussi froid et dur.
 
Gatineau fête ses quinze ans cette année. Nos anciennes villes ont un peu plus de deux siècles.
 
Mais la ville de Damas a été fondée 3000 ans avant Jésus-Christ.
 
Gatineau n’a jamais connu la guerre.
 
Il n’est pas possible pour nous de comprendre complètement ce que vous avez vécu et ce que vous vivez encore à l’intérieur de chacun de vos cœurs.
Vous avez fait preuve de courage et de résilience. Vous êtes maintenant à Gatineau, dans une ville sécuritaire, dynamique, moderne et accueillante où il fait bon vivre. Forte de ses 280 000 habitants, elle est la quatrième ville en importance de la province de Québec.
 
Onze pourcent de la population sont des immigrants, donc des personnes qui ont choisi de vivre avec nous à Gatineau.
 
Beaucoup sont arrivés à Gatineau au cours des quinze dernières années. Plusieurs parlent notamment l’arabe. Gatineau est riche de la présence de plusieurs communautés culturelles, dont plusieurs rassemblent des citoyens gatinois originaires du Liban, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc et de Palestine. Nous en sommes fiers.
 
Si la civilisation française a donné au monde les Lumières, les droits de la personne et fait avancer les arts et les lettres, le monde arabe a puissamment contribué à faire avancer les connaissances de l’humanité en médecine, en chimie, dans les mathématiques, la philosophie, l'astronomie, l'histoire, et j’en passe. Nos deux mondes ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre.
 
D’ailleurs, un des plus grands philosophes de l’histoire humaine, qui venait de ce qui s’appelle aujourd’hui Irak, monsieur Al-Kindi écrivait : «Nous ne devons pas avoir honte d'admirer la vérité et de l'accueillir, d'où qu'elle vienne, même si elle nous vient de générations antérieures et de peuples étrangers. La vérité n'est jamais indigne; elle ne diminue jamais qui la dit, ni qui la reçoit. Au contraire, la vérité ennoblit.» C’est un des défis de l’immigration. Garder ce qu’il y a de bon et de vrai dans notre culture d’origine, trouver ce qu’il a de bon et de vrai dans notre pays d’accueil et tenter de s’inventer une nouvelle vie qui respecte à la fois ce que nous sommes depuis notre jeunesse et ce que nous, et nos enfants, sommes en train de devenir. Le défi est grand, mais les Gatinoises et les Gatinois seront à vos côtés pour vous aider à le relever.
 
 
Je ne vous ferai pas un portrait détaillé de la ville de Gatineau. Il y aura d’autres occasions pour cela. Sachez cependant que tous les jours, vous utilisez des services publics offerts par la Ville de Gatineau, que ce soit l’eau, le déneigement, l’entretien des rues, les services de polices et pompiers, les autobus, et j’en passe.
 
Nous avons à Gatineau des parcs publics bien équipés pour les enfants, de belles pistes cyclables, notamment pour les 150 vélos qui ont été distribués en 2016 aux familles syriennes grâce aux bénévoles qui sont ici aujourd’hui, des piscines à l’intérieur et à l’extérieur, des bibliothèques où vous pouvez gratuitement emprunter des livres et qui offrent un accès Internet gratuit.
 
Le choix ne manque pas et je vous encourage à en profiter! Si par hasard vous avez des questions concernant un service que vous recevez de la Ville de Gatineau, vous pouvez téléphoner au 3-1-1 et faire une requête en décrivant la situation. Vous pouvez aussi communiquer directement avec le conseiller municipal de votre district.
 
Je suis conscient que les défis que vous avez à surmonter dans le cadre de votre nouvelle vie à Gatineau sont nombreux et variés. Le principal d’entre eux est possiblement d’apprendre le français qui est la langue officielle du Québec.
 
Elfiranssia mouhimma fi Gatineau lakine loughate asdikaouna takdiroune lahoum
 
La langue française est, elle aussi, au cœur de l’identité de Gatineau. Nous en sommes fiers. La langue est un outil essentiel d’intégration sociale et d’intégration économique. Mais plus encore, parler la langue de nos amis, la langue de nos voisins est aussi un puissant témoignage de respect réciproque.
 
J’aimerais remercier les organisateurs de cet événement et toutes les personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour aider les personnes réfugiées de Syrie à s’intégrer à Gatineau.
 
J’aimerais aussi remercier tous les organismes communautaires, entre autres, Les Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Outaouais, qui font preuve de beaucoup de disponibilité et de générosité afin d’aider les nouveaux arrivants syriens.
 
Je salue aussi les commerçants et les gens d’affaires de Gatineau qui soutiennent cette initiative citoyenne.
 
 
Gatineau est une ville où tout est possible. Nous sommes en croissance, nous avons un solide réseau d’éducation, de la garderie à l’université. Nos entreprises sont dynamiques, nos gens d’affaires sont mobilisés, nos artistes sont prolifiques. Comme société, si nous n’avons pas la profondeur historique du Proche-Orient, nous avons la capacité d’adaptation qu’on peut associer à notre jeunesse. Nous avons aussi un fort sentiment de responsabilité les uns envers les autres. Les Gatinois sont généreux. Les Gatinois sont accueillants. Nous sommes heureux de vous avoir chez nous et nous espérons que ce « chez-nous » deviendra rapidement le vôtre.
 
 
Merci!

Conférence de presse de rentrée

Depuis le début du mandat, nous avons pris l'habitude de faire le point au retour de l'été et en début d'hiver sur les grands dossiers à venir et de répondre aux questions des journalistes. Voici donc l'intégrale de la conférence de presse d'hier.

 

Discours au 5 à 7 des élus de l'Outaouais - 14 décembre 2015

 

Je ne saluerai pas tous les politiciens dans la salle…

Mais quand même quelques-uns : Mme Vallée, députée Gatineau, ministre Justice et ministre responsable de l’Outaouais

M. Fergus, nouveau député Hull-Aylmer, nous sommes chez lui ce soir,

Et les autres députés fédéraux nouvellement élus, messieurs Amos, Lauzon, McKinnon.

Merci également à nos députés provinciaux d'êtres présents: Mme Gaudreault, M. Fortin, M. Carrière.

Salutations également à Jacques Laurin qui est le représentant de l’Outaouais au conseil d’administration de l’UMQ ainsi qu’à Robert Goulet et Paulette Lalande, nos représentants au conseil d’administration de la FQM.

Ça me fait grand plaisir d’accueillir le plus grand rassemblement de politiciens en Outaouais depuis longtemps.

Le prétexte de la rencontre d’aujourd’hui est de saluer l’arrivée des nouveaux élus fédéraux.

Mais, il y avait bien sûr des objectifs cachés (!) :

 

  • Consolider «l’équipe Outaouais» : se connaître, échanger, on sait que les relations interpersonnelles sont importantes en politique et on peut les construire grâce à des activités comme celle-ci. C’est une première rencontre, mais ce ne sera certainement pas la dernière.  

  • Nous voulons aussi de continuer d’envoyer le message que Gatineau veut jouer son rôle de métropole de l’Outaouais. Nous le faisons par une présence accrue dans les enjeux québécois, dans les enjeux pancanadiens, dans notre relation avec la ville d’Ottawa, mais nous voulons aussi le faire chez nous, en Outaouais, en collaboration avec nos voisins.

    Si je suis conscient que Gatineau représentent 72 % des gens de l’Outaouais, je suis aussi conscient qu’elle ne représente que 1% de son territoire. Si nous avons des responsabilités par rapport aux gens que nous représentons, nous en avons aussi par rapport au territoire que nous partageons. 

    Depuis que le Québec existe, nous avons fait le choix d’occuper notre territoire. Nos gouvernements soutiennent le choix des gens de s’installer en Haute Gatineau, dans le Pontiac ou encore dans le nord du Québec. Ce choix de société occasionne évidemment des coûts, mais fait également en sorte de nous donner accès à un superbe vaste territoire, et de nous donner la possibilité de choisir divers mode de vie dans divers environnements. Pour cette raison, Gatineau veut être une alliée du monde rural. 

    On pourrait donner plusieurs exemples concrets de l’importance de cette alliance. Si l’industrie du bois prend sa source dans le rural, une partie de la transformation au lieu ici. Le nouveau service Transcollines démontre bien l’intégration nécessaire de nos modes de transports en commun. En tourisme, notre offre régionale est beaucoup plus forte si nous travaillons ensembles. Politiquement également, nous sommes plus forts si nous parlons d’une même voix. 

    

Autre objectif de la soirée : vous inviter à jaser de 2016 et des défis qui viennent avec cette nouvelle année.

En 2016, suite à l’abolition de la conférence régionale des élus, nous devrons choisir nos nouveaux modes de collaboration ici, en région.

En 2016, nous déciderons de mettre en commun, ou non, plusieurs projets de nature économique. 

En 2016, nous devrons donner suite à l’importante visite du premier ministre Couillard chez nous, visite où il a souligné à nouveau la particularité frontalière de l’Outaouais et ses conséquences pour tout le Québec.  

Ce seront là des tests de notre volonté de travailler ensemble pour la région.

En nous réunissant ce soir, on fait un geste de dialogue important parce qu’on sait que chacun de nous, et l’Outaouais au grand complet, gagne à ce que nous travaillions ensemble.  

 

 

Merci de votre présence, bonne soirée, et Joyeuses Fêtes.