Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Inauguration du Centre Slush Puppie

Voici le discours que j’ai prononcé ce matin pour l’inauguration du Centre Slush Puppie : 

« C’est fait. Nous avons réussi.  

 On nous a dit que c’était impossible, nous l’avons fait quand même.

La saga Guertin est terminée.

Nous avons transformé une source de gêne en source de fierté.  

Nous avons maintenant un amphithéâtre de prestige pour nos Olympiques.

Nous avons maintenant trois glaces communautaires neuves pour nos enfants.

Mais nous avons plus que ça.

Nous avons inventé un modèle d’affaires,unique au Québec.

Pour la première fois, grâce à l’économie sociale, dans un projet d’amphithéâtre du junior majeur, les contribuables municipaux ne sont pas les seuls à prendre des risques.

Pour la première fois au Québec, c’est un organisme issu de la communauté qui fera la gestion de ce type d’infrastructure. Il réinvestira chaque sou de profits dans son offre de services.

Et nous avons convaincu l’ancien gouvernement du Québec d’être au rendez-vous, d’abord, par un engagement financier considérable.

Ce même ancien gouvernement, avec l’appui de tous les partis à l’Assemblée nationale, et grâce au leadership des députés locaux, a ensuite permis l’adoption d’une loi spéciale, juste pour notre projet.

Nous avons aussi convaincu le nouveau gouvernement du Québec d’être au rendez-vous. Grâce à de nouvelles mesures et grâce au leadership des députés locaux et du ministre régional, notre chantier et notre projet ont survécu à la pandémie.

Nous avons maintenant un amphithéâtre de prestige pour nos Olympiques.

Nous avons maintenant trois glaces communautaires neuves pour nos enfants.

Mais nous avons plus que ça.

Nous nous sommes donné une source supplémentaire de fierté d’être Gatinois.

Évidemment, l’édifice lui-même est une source de fierté, un édifice un édifice vert, haut de gamme, contenant une œuvre d’art d’envergure, c’est un des plus beaux projets d’infrastructure sportive multifonctionnelle au Québec, c’est un édifice qui rend déjà de nombreuses villes jalouses. L’édifice transformera notre offre pour les sports de glace mais deviendra aussi un lieu exceptionnel de rassemblements culturels, l’édifice peut accueillir 6000 personnes et sera animé en concertation avec la Maison de la culture.

Mais notre fierté doit dépasser les limites de l’édifice, tout le quartier est maintenant source de fierté : dans le même kilomètre carré, on retrouve : le Centre sportif, la Maison de la culture, le cégep, un vaste projet d’hôtel, plusieurs projets immobiliers d’envergure, le Rapibus et un mobilier urbain amélioré.

Oui, nous pouvons être fiers de cette infrastructure, de ce quartier, mais nous pouvons être, avant tout, fiers de nous-mêmes.  

Nous-mêmes, c’est d’abord l’équipe de VMSO, des gens de Gatineau. Sans eux, nous ne serions pas là aujourd’hui. Ils sont issus de chez nous, nous les connaissions, nous avons cru en leur plan.  Ils étaient crédibles, le gouvernement du Québec leur a aussi fait confiance. Nous ne nous sommes pas trompés. Ils sont, eux aussi, source de fierté.

Être fiers de nous-mêmes, c’est aussi être fier des équipes municipales. Au cours des années, presque tous les services municipaux ont été mis à contribution pour inventer et pour rendre ce projet possible. De la direction générale en passant par les finances, les infrastructures, les communications, les approvisionnements, l’urbanisme, le cabinet du maire, les loisirs, et je crois que j’en passe, tous les services, tous nos services, ont été mis à contribution. Ils sont, eux aussi, source de fierté.

Dans les équipes municipales, il y a également des élus municipaux, ceux et celles qui ont gardé le cap, souvent avec courage, dans la tempête, sans fléchir, depuis le 14 juin 2015 quand nous avons dit non à l’ancien projet et recommencé à zéro. Ils sont eux aussi sont source de fierté.

Quand tout allait mal, (et c’est arrivé souvent!) nous tous de Gatineau, avons cherché des solutions, puis travaillé, travaillé encore travaillé. En politique (et dans la vie), les cyniques répètent qu’il faut le voir pour le croire. Les vrais, ceux qui réussissent, savent qu’il faut y croire pour le voir. Nous y avons cru.  

Dans ce projet, nous, les citoyens de Gatineau, avons retourné la situation de façon spectaculaire. Je suis convaincu que ce que l’histoire régionale retiendra de ce projet, c’est que Gatineau, quand elle se mobilise, quand des élus font preuve de courage, quand elle innove, elle peut relever tous les défis.

Je le répète : on nous a dit que c’était impossible, nous l’avons fait quand même.

Soyons en fiers. »

Discours d'accueil à l'UMQ

La réforme municipale est encore à faire 

Voici le mot d'accueil que j'ai prononcé ce matin lors de l'ouverture des 99e assises de l'UMQ:

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Même à distance, je sens votre profonde déception de ne pas avoir le bonheur d’être chez nous, à Gatineau, votre ville préférée! Je compatis avec vous… mais ce n’est que partie remise, je suis certain qu’avec la sortie de crise que nous voyons poindre à l’horizon vous pourrez bientôt revenir dépenser des sommes colossales dans une des plus belles villes du Québec.   

Étant donné que je ne serai pas candidat en novembre prochain, ce petit mot d’ouverture sera très probablement mon dernier discours devant vous. Vous me permettrez donc, à l’aide du thème de nos assises, et en deux minutes, de vous accueillir en décrivant, encore une fois, ce que vivent les villes d’aujourd’hui et de parler brièvement de l’avenir.    

La crise que nous traversons a offert un autre puissant exemple du rôle incontournable des villes quand vient le temps de répondre aux défis de notre époque. 

Cette année, les municipalités du Québec auront été au front, elles auront été de tous les combats. Que ce soit :

- pour briser l’isolement

- pour aider à sauver les entreprises locales

- pour faire respecter les mesures sanitaires

- pour préparer la relance

- pour aider le réseau de la santé. 

Nous à Gatineau nous avons prêté au réseau de la santé 66 employés à temps plein pour les deux prochains mois pour assurer le succès de l’opération vaccination parce que notre réseau de la santé est plus fragile qu’ailleurs. Ça c’est l’action municipale à son meilleur.   

Cette année nous étions au front, mais nous y sommes, tout le temps.  

Les autres gouvernements ne peuvent pas améliorer l’environnement sans nous. 

Le transport en commun, c’est nous. 

Le recyclage, le compostage, la qualité de l’eau, le tout à l’auto ou non, c’est nous. 

Les parcs, les espaces verts, le vélo, c’est nous.   

Pour réussir le défi du mieux vivre-ensemble, les autres gouvernements ont besoin des villes. 

L’accueil des immigrants ne se fait pas au Québec ou au Canada, il se fait dans nos quartiers par le dialogue entre voisins par l’accès à la culture locale. L’accueil des immigrants, c’est nous aussi. 

Le développement social, le développement économique, la lutte aux inégalités, l’appui à la culture et aux loisirs, c’est nous aussi.

En 2017, alors que 60 soldats nous aidaient à affronter les inondations, les employés municipaux étaient 900 sur le terrain. La gestion de crise, c’est nous.  

La liste des dossiers où l’action des villes est déterminante est très longue et elle continue de s’allonger parce que les autres gouvernements ont besoin de nous et qu’ils le savent. 

Nous avons même un rôle à jouer dans de vaste chantiers comme celui de la réconciliation avec les Premières nations. 

D’ailleurs, je suis très fier du travail que Gatineau a accompli dans la dernière année avec l’Assemblée des Premières nations Québec-Labrador et la communauté anishinabe de Kitigan Zibi. Nous avons notamment adopté officiellement au conseil municipal le plan d’action contre le racisme et la discrimination de l’APNQL et nous travaillons actuellement à mettre en œuvre les actions proposées aux municipalités. Je vous propose à tous de nous imiter. Agir dans ce domaine est un devoir collectif.

Je salue d’ailleurs la présence du Chef Picard parmi nous aujourd’hui – il nous adressera quelques mots tout juste après moi.

Nous sommes donc actifs sur tous les fronts. 

Mais si nous voulons maximiser la capacité d’action des villes, maximiser l’efficacité de ces extraordinaires outils de développement humain, il faut que le gouvernement du Québec fasse une véritable réforme du monde municipal. 

Il y a eu des avancées importantes dans les dernières années, nous progressons, oui, mais la vraie réforme est encore à venir, une réforme en deux volets. 

D’abord une réforme du cadre légal municipal kafkaien dans lequel nous évoluons. Il faut donner aux villes des champs de compétences où elles pourraient agir dans l’autonomie, rapidement, efficacement… plutôt que de les maintenir dans le carcan lourd, rigide, inadapté qu’est le statut de créature provinciale. 

Les villes canadiennes restent, dans le monde, parmi celles qui ont le moins de pouvoirs. La planète sait, que c’est sur le terrain que se gagne les batailles. Nos gouvernements doivent le reconnaître eux aussi.   

Le deuxième volet de la réforme nécessaire, c’est évidemment celui de la fiscalité municipale. Notre fiscalité vieille de deux siècles nuit à l’environnement depuis longtemps et elle est maintenant complètement déconnectée de nos responsabilités envers nos communautés, nos citoyens, nos entreprises.

Il y a urgence d’agir. En potentiel perdu, l’inaction nous coûte collectivement très très cher. Nous sommes présents sur tous les fronts, mais nous pourrions faire beaucoup beaucoup plus pour améliorer la qualité de vie de tout le Québec. J’implore, encore une fois, tous les partis politiques à Québec d’agir.     

Bon congrès.

Extrait du discours du maire au conseil municipal spécial du 2 février

Voici quelques extraits de mon discours d'hier. La version intégrale est disponible en français, en algonquin et en anglais, au lien plus bas.
« Évidemment, les pouvoirs de Gatineau en matière de relations avec les Premières Nations sont limités : ce n’est pas avec nous que se régleront les grands litiges qui nous séparent. Toutefois, nous pouvons faire notre part pour améliorer les liens qui nous unissent. Nous avons appris à nous connaître, à travailler ensemble, et à développer une certaine confiance mutuelle. Ce sont des étapes incontournables, si nous aspirons à réapprendre à vivre ensemble dans le respect. [...]
Le conseil municipal de Gatineau a aujourd’hui l’occasion de poser un geste for. Si les gestes symboliques demeurent absolument essentiels lorsqu’on veut reconstruire une relation respectueuse, ils doivent aussi s’accompagner d’actions concrètes. En ce sens, je veux saluer la démarche de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, qui a rédigé le Plan d’action de l’APNQL sur le racisme et la discrimination, une démarche qui a consisté essentiellement à documenter l’ensemble des recommandations faites dans de multiples rapports et commissions au fil des dernières années, à les catégoriser, à les organiser, et à les attribuer aux différents groupes de la société québécoise pour qu’ils puissent agir rapidement. [...]
Le vaste chantier de ce que nous avons appelé la Réconciliation nous appartient à toutes et à tous : individus, organisations, gouvernements. Je suis fier que la Ville de Gatineau puisse y participer, et j’espère que ces gestes pourront en inspirer d’autres. »
Versions intégrales: https://bit.ly/3rt3BrJ

Conférence sur le pacte fiscal

Pacte fiscal: nous avons franchi hier un premier pas très important vers une réforme de la fiscalité municipale. Les villes gagnent des revenus liés à la croissance liée à 1% de TVQ,! Cela représentera au début environ 2,7 millions pour Gatineau, mais c'est un montant qui augmente graduellement d'année en année, et qui représentera plus de 8M$ dans 5 ans - et ainsi de suite.

Il y a beaucoup de Gatineau dans ce gain historique. C'est un dossier que je travaille personnellemen...t depuis mon arrivée en politique municipale, le conseil municipal s'est prononcé à ce sujet en adoptant il y a quelques années un plan de diversification des revenus, nous n'avons pas ménagé les représentations et occasions d'en parler.

Alors qu'il n'y a pas si longtemps plusieurs nous disaient qu'on rêvait en couleur, aujourd'hui nous avons le pied dans la porte, et les gains seront plus importants d'années en années.

Merci à toutes celles et ceux qui ont travaillé sur le dossier, à Gatineau et ailleurs au Québec!

Voici l'intégrale de mon point de presse de ce matin sur le sujet, pour en savoir plus.

https://www.facebook.com/pedneaudjobin/videos/2454796784566642/

 

Discours d'ouverture - Sommet du vivre-ensemble

Voici le texte de mon discours prononcé ce matin en ouverture du premier Sommet sur le vivre-ensemble à Gatineau.

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Bonjour à vous toutes, bonjour à vous tous,

Je veux d’abord prendre le temps de tous vous remercier d’être ici. Élus, représentants d’organismes, partenaires, citoyens, merci d’avoir répondu en si grand nombre et de prendre votre journée pour venir réfléchir avec nous. De vous voir tous réunis ici aujourd’hui pour parler de Gatineau, c’est déjà, en quelque sorte, un succès de vivre-ensemble.

Je veux aussi remercier les membres du comité organisateur qui travaillent à l’organisation de cette journée depuis plusieurs mois et qui ont été appuyés par toute l’équipe municipale. Merci également à tous nos employés qui ont réussi à livrer le projet malgré les délais courts.

Par ailleurs, nous ne serions pas ici si des gens avant nous n’avaient pas défriché le terrain du vivre-ensemble. Il y a quelqu’un dans la salle qui a mérité l’Ordre de Gatineau précisément pour son engagement envers le rapprochement des communautés culturelles et dont je me permets de souligner la présence puisque c’est son anniversaire : Mireille Apollon, pionnière gatinoise du rapprochement entre les communautés.

Le défi du vivre-ensemble est un des défis les plus importants de nos sociétés. C’est un défi parce que le monde change, qu’il change vite, et que ces changements touchent à la fois ce que nous sommes individuellement et collectivement. Nous vivons, dans le monde, dans nos nations, dans nos quartiers, dans nos maisons, des tensions souvent importantes. Des identités sexuelles autrefois ignorées, sinon rejetées, s’affirment avec force. La relation entre la religion et l’État fait encore aujourd’hui controverse un peu partout dans le monde. Il y a de plus en plus de diversité culturelle dans chacun de nos quartiers. Les Premiers Peuples réclament justice. Les défis linguistiques et identitaires auxquels le Québec doit faire face demeurent. Je le répète, tous ces défis interpellent à la fois ce que nous sommes individuellement et collectivement, et c’est pourquoi ils sont si complexes à relever.

Gatineau vit, elle aussi, ces changements. Pendant des siècles, elle a été un lieu de passage des Premiers Peuples. Au tournant du 19e siècle, des Américains, des Anglais et des Français, à force de travail dans un climat souvent hostile, ont commencé à construire ce qui s’appelle aujourd’hui Gatineau, une ville belle, riche, paisible. Pendant deux siècles, et encore aujourd’hui, l’immense majorité de la population est restée francophone et catholique, même si elle pratique peu de nos jours. Aujourd’hui, notre visage change, des gens de partout ailleurs au Québec, au Canada et dans le monde s’installent chez nous.

La ville de Gatineau d’aujourd’hui fait aussi partie du Québec, un État qui se distingue du reste de l’Amérique du Nord par sa langue et sa culture d’abord, mais également parce qu’il est l’endroit du continent où les écarts entre les riches et les pauvres est le plus faible, où il y a le moins de pauvreté chez les enfants, où l’adoption internationale est la plus forte, où l’égalité hommes-femmes est la plus grande, notamment au foyer et au travail, où il y a le moins de violence et où – et c’est peut-être le plus important –, de sondage en sondage, les gens se disent les plus heureux du continent.

Le contexte de changement que nous vivons chez nous, le contexte international, le contexte d’événements tragiques comme celui de la grande mosquée de Québec, pas si loin de chez nous, mettent notre modèle de vivre-ensemble à l’épreuve. Oui, nous devons nous adapter au monde d’aujourd’hui, mais nous voulons aussi protéger ce que nous avons de beau, de réussi. Et c’est là notre défi.

Amin Maalouf, auteur français membre de l’Académie française, originaire du Liban, exprime assez bien, dans la citation suivante tirée de son livre intitulé Les Identités meurtrières, les positions extrêmes qui nous menacent, mais qui illustrent bien le défi du vivre ensemble :

« En matière d’immigration, dit-il, la première de ces conceptions extrêmes est celle qui considère le pays d’accueil comme une page blanche où chacun pourrait écrire ce qu’il lui plaît, ou, pire, comme un terrain vague où chacun pourrait s’installer avec armes et bagages, sans rien changer à ses gestes ni à ses habitudes. L’autre conception extrême est celle qui considère le pays d’accueil comme une page déjà écrite et imprimée, comme une terre dont les lois, les valeurs, les croyances, les caractéristiques culturelles et humaines auraient déjà été fixées une fois pour toutes, les immigrants n’ayant plus qu’à s’y conformer. »

Ce que cette citation illustre parfaitement, c’est que la nécessité d’ouverture n’est pas à sens unique. Dans l’expression vivre-ensemble, il y a l’incontournable mot « ensemble ».

Gatineau possède une longue tradition d’accueil. L’ancienne Ville de Hull a été la première au Québec à se donner un responsable des relations interculturelles et Gatineau a été la première à se donner une politique en matière de diversité culturelle en 2008, nous avons une culture de concertation forte en matière d’immigration, nous n’avons pas particulièrement de ghetto, et j’en passe. Notre modèle d’accueil est d’ailleurs jugé assez favorablement à l’intérieur et à l’extérieur de Gatineau.

Mais c’est souvent quand ça va bien qu’il est le plus productif – et le plus facile – de parler d’enjeux difficiles.

Ce que le monde municipal peut offrir mieux que n’importe quel autre gouvernement, ce sont des lieux de discussion où l’on parle de vivre-ensemble pour vrai. Je suis profondément convaincu que les débats sur les normes à adopter, sur les choix de société à faire seraient plus sereins, non pas plus faciles, mais plus sereins si nous nous connaissions mieux. Ce genre de dialogue est possible au niveau local parce que le niveau local est à échelle humaine, aussi parce qu’il est un peu plus loin de l’hystérie médiatique qui accompagne systématiquement ces débats.

Le Sommet d’aujourd’hui a donc trois objectifs principaux :
1. Faire un état des lieux du vivre-ensemble à Gatineau.
2. Cibler ce qui doit être amélioré, préservé.
3. Déterminer plus concrètement quel devrait être notre plan d’action pour l’avenir.

Je voulais faire une série de mise en garde, je n’en ferai qu’une seule.

Les discussions sur le vivre-ensemble portent malheureusement souvent, sinon essentiellement, sur des symboles bien loin de la réalité sur le terrain, parfois au point où l’on en oublie l’essentiel. L’essentiel, c’est la capacité de communiquer, de s’entraider, de se réaliser individuellement et collectivement, c’est, comme le dirait l’auteur québécois Akos Verboczy, d’arriver à l’état de relation humaine où l’on ne se demande plus d’où l’on vient, mais où l’on va ensemble. Aujourd’hui, il nous faut donc éviter le piège des symboles.

Comprenez-moi bien, pour prendre un exemple dans l’actualité, des débats comme celui sur le port du hijab dans la police ont une importance réelle : ils nous permettent d’incarner dans des choix précis le type de société dans laquelle nous voulons vivre. Oui, il nous faut des normes, chaque société doit se définir. Mais on est loin, très loin, de la réalité sur le terrain.

Loin des pères et des mères de famille qui veulent se sentir en sécurité à la mosquée, loin des immigrants isolés qui voudraient se faire inviter à une fête de quartier, loin des gens nés ici qui voient leur ville changer et qui veulent mieux comprendre et mieux influencer ce qui se passe, loin des gens qui ont mené des batailles sur la laïcité, sur l’équité hommes-femmes, et qui ne veulent pas devoir les refaire, loin du simple bon sens qui nous dit que pour que nous puissions faire des choix intelligents et respectueux des uns et des autres, nous devons d’abord nous connaître les uns les autres.

J’espère qu’aujourd’hui, nous saurons nous ouvrir les uns aux autres, proposer des moyens de favoriser la connaissance que nous avons de nos voisins. J’espère que les conversations porteront sur les meilleurs moyens de vivre ensemble, pas sur certains symboles qui, quoiqu’importants, nous empêchent souvent de vraiment nous parler.

Aujourd’hui, je circulerai parmi vous pour vous entendre. Maude Marquis-Bissonnette, conseillère municipale du district du Plateau, fera de même. Le sujet du vivre-ensemble l’intéresse depuis longtemps, elle fait des recherches doctorales sur le sujet et elle agira comme mon bras droit sur cette question pour tout le présent mandat. Nous nous engageons à donner des suites aux discussions d’aujourd’hui, mais nous avons besoin de vos conseils. Chaque idée, chaque suggestion, chaque meilleure pratique proposée a sa place et doit être notée. La rencontre d’aujourd’hui doit nous permettre de réfléchir, d’échanger, mais surtout, elle doit être orientée vers la rédaction d’un plan d’action de Gatineau pour le vivre-ensemble.

Je conclurai en citant mon père, un homme qui a travaillé la plus grande partie de sa vie en coopération internationale. Il a toujours eu des réserves importantes quant au proverbe qui dit que si on veut aider quelqu’un, il ne faut pas lui donner de poisson, mais plutôt lui apprendre à pêcher. Mon père m’a toujours dit qu’il manque une étape au proverbe, qu’avant de se mêler de la vie de l’autre, avant de prétendre lui apprendre quoi que ce soit, lui imposer quoi que ce soit, même démocratiquement, il faut d’abord et avant tout devenir son ami.

En jasant aujourd’hui, prenez aussi le temps de devenir des amis. Ça ne règle pas tous les problèmes, mais c’est le moyen le plus sûr de commencer à mieux vivre ensemble.

Merci !

 

Discours prononcé lors de la Commémoration citoyenne des victimes de la mosquée de Québec

Voici le discours que j'ai prononcé ce soir à la Commémoration citoyenne des victimes de la mosquée de Québec:

Bonsoir,

Khaled Belkacemi...
Azzeddine Soufiane

Abdelkrim Hassane
Aboubaker Thabti

Mamadou Tanou Barry
Ibrahima Barry

Ce sont les noms des victimes de la tuerie de Québec.

Ils étaient tous pères de famille, ils laissent six veuves et 17 enfants derrières eux.

Leur mort est insensée, injuste, elle nous attriste profondément et elle nous met en colère.

Si la mort de ces six hommes, de ces six pères de famille est insensée elle ne doit pas, en plus, être inutile.

Leur mort nous donne donc, à tous et à toutes, des responsabilités.

Ne pas agir serait leur manquer de respect, manquer de respect à leurs enfants.

Il y a des changements que nous apportons déjà, il y en a que nous devrons apporter encore dans l’avenir.

Aujourd’hui entre en vigueur le registre québécois des armes à feu.
C’est un geste utile.

Avant la fin de cette année, nous aurons terminé la formation de tous les policiers de Gatineau sur les mécanismes de la radicalisation et sur les interventions possibles.
Cela aussi, c’est utile.

Mais s’il est nécessaire d’investir dans la sécurité, elle ne constitue pas une réponse durable au défi auquel nous sommes confrontés. Il nous faut aussi parler de ce que nous sommes les uns et les autres, de nos valeurs, de nos idées, de nos pratiques et du genre de société dans laquelle nous voulons vivre, ensemble, dans l’harmonie et le respect.

En avril, nous tiendrons un premier sommet gatinois sur le vivre ensemble. Ce forum servira à améliorer la connaissance que nous avons des uns et des autres et à améliorer notre culture d’accueil.

Ce ne sera qu’un point de départ, mais je tiens à ce qu’au sortir de ce forum, Gatineau se donne des moyens permanents de favoriser le vivre ensemble, d’assurer un dialogue permanent entre les gatinois et, avec l’aide de tous, les moyens de prévenir les drames.

Comme le député Fergus me le disait récemment, les discours haineux existent, il faut leur répondre, mais leur répondre par notre propre discours, un discours rassembleur qui admets nos différences, qui rejette le repli sur soi, et qui souligne notre volonté de vivre non pas à côté les uns des autres, mais vraiment ensemble.

(en français, puis arabe)

Chers amis, la communauté gatinoise au complet est en deuil. Votre deuil est le nôtre. Ensemble, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce drame ait au moins servi à faire de Gatineau une ville meilleure.

Asdiqai Al-Aizza, Inna Mujtama’a Gatineau Bi-Akmalihi Fi Hidad.
Inana noucharikoukoum wa nouwasikoum Hatha Al-Hidad. Thoumma Inana sawfa naf’aal kul ma fi wous’ina lidamani ana hathihi alma’asat qad ja’aalat ‘ala al’aqal min Gatineau madinatan Afdal.

Merci, bon courage.

Budget 2018 adopté

Budget 2018 adopté, investissements stratégiques pour améliorer la qualité de vie: sécurité dans les corridors scolaires, piscines et jeux d'eau, revitalisation des anciens cœurs urbains et de notre centre-ville, et plusieurs autres. On poursuit aussi notre rattrapage massif dans les infrastructures et l'amélioration de nos façons de faire.

Tous les détails dans mon discours ici: https://goo.gl/JVe9Jm

 

Discours lors du conseil municipal

Discours lu lors du conseil municipal:

Monsieur le président, permettez-moi de transmettre un message aux Gatinois.

Depuis qu’elle existe, Gatineau n’avait jamais traversé une crise aussi grave. Et ce n’est pas fini. Des centaines de personnes sont au travail pour nettoyer leur maison, pour sauver ce qui peut l’être, sauver des souvenirs, des biens, mais aussi trop souvent sauver l’investissement d’une vie.

Nous devons donc continuer à prendre le temps de remercier les milliers de personnes qui se sont levées pour aider un voisin, une amie, un concitoyen et qui sont encore mobilisés. Permettez-moi de profiter du conseil de ce soir pour le faire un peu, même si le travail continue.

Je tiens d’abord à souligner la formidable mobilisation des citoyens et des entreprises d’ici. En mon nom et au nom de tout le conseil, je tiens à dire merci à l’ensemble des Gatinois, petits et grands, jeunes et moins jeunes qui ont fait leur part, à la mesure de leurs moyens. Vous avez démontré une fois de plus votre générosité, votre altruisme, votre amour pour votre communauté. Non, notre époque n’en est pas une où l’individualisme règne en maître, ça aussi vous l’avez démontré.

Comme maire je tiens à remercier directement les employés municipaux de tous les services et de tous les niveaux hiérarchiques. Toute la force municipale a été mise au service des gens. Vous n'avez pas compté vos heures, et vous êtes encore au travail. Durant les dernières semaines, vous avez ajouté de la noblesse au titre de fonctionnaire.

Il est rare, dans une vie politique, d’avoir aussi fortement l’impression de porter la responsabilité de l’avenir d’une rue, d’un quartier, d’une ville. Les élus de tous les paliers de gouvernement, et le nôtre d’abord, ont fait des choix, pris des décisions et nous en ferons le bilan. Nous avons tous passé les dernières semaines avec les gens, à notre poste, à aider notre monde. Le conseil municipal au complet a fait sa part, parfois plus que sa part, les députés provinciaux et les députés fédéraux également. Gatineau et l’Outaouais peuvent être fières de leurs élus.

Ce que nous avons traversé, et ce que nous traversons encore, est une catastrophe dont nous nous souviendrons tous longtemps, mais je suis convaincu que nous pouvons déjà dire que Gatineau en sortira plus forte. De Aylmer à Masson, des gens ont aidé leurs voisins, leurs amis, et le plus souvent en ayant à leurs côtés de purs étrangers, des gens qui n’avaient en commun que la volonté de s’aider les uns les autres à être plus forts que l’eau.

On dit souvent que Gatineau est la 4e ville du Québec, depuis un mois, c’est faux. Pour l’entraide, pour la détermination, pour le service public, Gatineau a démontré qu’elle est clairement la plus grande. Bravo, et on continue.

Maxime Pedneaud-Jobin
Maire de Gatineau

(Nous aurons l’occasion, dans les prochains jours, de remercier formellement les Forces armées)

Mise à jour du 9 mai 2017

Voici la mise à jour faite à 15h30 aujourd'hui. L'eau se retire graduellement dans la plupart des secteurs mais nous restons vigilants. Avec la réouverture sur 2 voies de l'autoroute 50 en direction Ouest, la plupart des gens seront de retour au travail demain, mais il faut s'attendre à des heures de pointe difficiles: privilégiez donc le travail à la maison si vous le pouvez, le transport collectif (gratuit toute la semaine sur le réseau de la STO), le covoiturage, ou évitez les heures de pointe.

https://www.facebook.com/villegatineau/videos/10154919237049843/

 

Mise à jour du 7 mai.

https://www.facebook.com/villegatineau/videos/10154913502934843/